La violence numérique, notamment celle basée sur le genre, prend une ampleur inquiétante au Maroc, surtout avec la généralisation de l’usage des technologies. Cyberharcèlement, diffusion non consentie de contenus intimes, manipulation d’images (deepfakes) ou encore doxing et trolling touchent majoritairement les femmes, aggravés par l’anonymat en ligne.
La pandémie de COVID-19 et l’explosion de l’activité numérique ont accentué ces violences, notamment sur les réseaux sociaux et plateformes de communication. En 2022, l’UNESCO a révélé que 73 % des femmes ont subi des violences en ligne. Au Maroc, près de 1,5 million de femmes ont été victimes de violence numérique, selon le HCP.
Malgré la loi 103.13 criminalisant certaines formes de harcèlement numérique, le cadre juridique reste insuffisant. De nombreuses victimes ne portent pas plainte, soulignant un climat d’impunité. L’étude met en lumière la nécessité d’un renforcement législatif et institutionnel pour mieux protéger les victimes, notamment en matière de vie privée, droit pourtant garanti par la Constitution marocaine de 2011.
Cet article propose une analyse critique du cadre juridique actuel et suggère des pistes d’amélioration pour une réponse plus efficace face à la montée des violences digitales.



